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WARRIORS
Cet entretien apporte des précisions
utiles
sur la bande de Redskins la plus célèbre
de l'Hexagone,
tant par sa par radicalité que par
son refus du compromis.
Il a été traduit de
l'espagnol, et n'engage
que la vision de ses auteurs à l'époque des faits.
Les Red Warriors furent sans aucun
doute ceux qui impulsèrent chez nombre de jeunes la volonté de chasser les
fascistes des rues de France. Nous avons eu l’opportunité de rencontrer l’un de
ses membres, voici le résultat sous la forme d’une petite interview.
Les Red
Warriors sont un groupe crée en 1986. Greg et Simon, membres fondateurs sont
issus de la scène Alternative. A cette époque, Simon avait juste 18 ans. « Après
une période d’essai, nous avons décidé de créer plus sérieusement un groupe.
C’était insupportable pour tous ceux qui fréquentaient la rue de tolérer la loi
des boneheads, qui étaient organisés et vivaient en bandes, à l’inverse de
l’extrême-gauche qui était traditionnellement plus indépendante.
L’idée était de créer un groupe axé sur
l’action directe contre l’extrême-droite.
Ainsi, à notre groupe de 2 s’ajoutèrent
bien vite quelques autres, jusqu'à atteindre le nombre de 14 en
1987.
En temps normal, nous ne bougions pas à 14,
mais plutôt à 6 ou 7. Nous étions tous plus ou moins Skinheads, sauf moi. Pour
les actions directes d’envergure, nous étions capable de rassembler jusqu'à 60
personnes.
La grande qualité des
Red Warriors était son extrême mobilité, qui faisait que nous étions à la fois
nulle part et partout. Nous frappions pour démontrer à tous que les boneheads
n’étaient pas des « supermen ». Bien vite les nazis furent terrifiés à l’idée de
sortir avec leur panoplie (croix celtiques, patches à croix
gammées,...).
Pourtant nous, Red Warriors, étions bien
moins nombreux que les nazis, ce qui fait que nos actions devaient être
parfaitement préparées afin d’éviter toute mauvaise surprise. Nous préparions
tout sur le terrain afin de réduire à néant toute surprise de dernière minute.
Les réunions avant les actions étaient rapides et discrètes, et avaient lieu
chez l’un de nous ou dans des squatts.
Chacun d’entre nous pratiquait un sport de
combat
(Full contact, boxe Thaï, Kung Fu), mais nous utilisions aussi des
armes de poings (battes de baseball,...). A 4 occasions nous dûmes utiliser des
armes à feu :
- Les Maraîchers était un squatt tenus par les
nazis qui s’étaient mis en tête de faire régner leur loi auprès du voisinage ;
Nous étions 50 ce matin-là, à 7 heures du matin. Résultat : 23 nazis blessés et
le squatt immédiatement fermé par la police.
- En 1988, pendant la campagne présidentielle,
nous avons dû protéger des colleurs d’affiches, trop effrayés pour réagir. La
camionnette que nous avons récupérée nous a d’ailleurs servi dans une autre
action.
Nous n’avions en général pas de problèmes
avec les flics, qui toléraient la plupart de nos actions (en général...). Par
contre, évidemment, à chaque fois que les nazis se prenaient une volée, la
police passait nous rendre une petite visite. Manu a eu des problèmes avec la
justice (pour détention d’armes) et Lionel, qui est actuellement en tôle était
moins politisé mais reste l’un des plus actifs d’entre nous.
Puis, petit à petit, d’autres bandes
commencèrent à voir le jour, toutes spécialisées dans la chasse aux nazis.
Malheureusement, tous ces groupes n’étaient pas sincères, trop attachés à leur
propre gloire, et dire que leurs actions n’étaient pas toutes intelligentes est
un doux euphémisme. La lutte antifasciste ne se conçoit pas
désorganisée.
Nous avons
eu des accrochages répétés avec les bones de la Division St. Georges, avec
ceux de Juvisy, avec les Bunker 84 ou encore les JNR. Les actions furent
fréquentes jusqu'à 1992. Un des meilleurs souvenirs que je garde de cette
période est le SO qu’on a organisé pour le dernier concert des
Bérus.
Au sein du groupe, au niveau politique,
chacun avait ses propres idées
(tous unis par
l’antifascisme), et ça ne posait aucun problème de militantisme. Ce qui nous
réunissait était « simplement » une haine viscérale envers l’extrême-droite.
Aujourd’hui on ne se voit plus beaucoup, mais on a gardé le contact.
Alors, doit-on laisser la démocratie à ses
ennemis ? Nous refusons de prendre ce risque avec l’extrême-droite. Nous ne
pouvons pas combattre pacifiquement une idéologie qui n’a comme argument que la
violence. Ca nous paraît naturel de combattre l’extrême-droite. L’action directe
contre les fafs est le seul moyen, puisqu’ils ne comprennent pas la discussion
lorsqu’ils sont peu, et qu’ils t’éclatent quand ils sont plus.
Le fascisme c’est comme la gangrène, on l’élimine ou on
en crève !


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