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C’est en 1986 que le grand public français découvre l’existence des Redskins à Paris. Ils font face à la police pendant les manifestations étudiantes, et certaines de leurs actions violentes sont diffusées à la télé.

Comme peuvent s'en vanter les skins fafs qui étaient plus nombreux, et plus déterminés... En fait le "grand public français" n'a découvert l'existence des Redskins qu'avec le reportage paru dans l'Express en 1988. Les manifs de Paris ont plus été célèbres par l'intervention des brigades motorisées et la mort de Malik Oussekine.

Les premiers groupes parisiens portent les noms de LENINE KILLERS, RED ANTS, DUCKY BOYS, et RED WARRIORS. Ces derniers sont la bande Redskin la plus ancienne à Paris. Ils sont présents dans nombre de services d’ordre dans divers rassemblements, concerts et manifestations. Par exemple, le 9 septembre 1989, les Red Warriors organisent le service de sécurité de la Fête de l’Huma. Les mêmes se chargeront du S.O du concert d’Adieu des Bérus.

Si les Ducky Boys et les Red Warriors ont pu faire parler d'eux, ce n'était pas du tout le cas des Lenine Killers et des Red Ants. Les Ducky Boys n'étaient pas connus en tant que Redskins, mais en tant que CHASSEURS de skins (pas chasseurs de fafs, chasseurs de skins) ! A la limité ils étaient plus apparentés au mouvement Hip Hop qu'au mouvement skin !

L’un de ses membres était champion de France junior de full-contact, et ils publiaient un zine du nom de Red Aktion dont le seul et unique numéro date de 1989, au sommaire duquel on pouvait trouver le récit de leurs différents affrontements avec les nazis, mais aussi une interview des BXN, des chroniques,...

Leur lutte constante et sans compromis contre les nazis et les flics envoya nombre d’entre eux en prison, et, en 1991-1992, le mouvement Redskin est considéré comme mort (en tout cas comparé à l’époque glorieuse où pas moins de 20 bandes Redskins semaient la terreur chez les fafs).

Il n'y a pas eu d'époque glorieuse, et encore moins 20 bandes de Redskins. Quant à semer la terreur chez les fafs...

Il est dit sur cette page, selon le témoignage d'un acteur de l'époque, que Lionel a fréquenté la taule, et Manu "a eut des problèmes avec la justice"... C'est ça "nombre d'entre eux en prison" ?

Il faut quand même préciser que le mouvement bonehead était alors quasiment jugulé.

Pas par les redskins en tout cas. La scène RAC n'a jamais été aussi puissante en France que de 1988 à 1991. Son déclin a été provoqué par les faits divers (concert de Brest, ratonnades, etc...), la médiatisation, et diverses affaires judiciaires (attentats provoquant plusieurs morts, etc...) qui décimeront les rangs des skinheads liés aux groupuscules politiques. Dans la rue, c'est uniquement l'émergence du Hip Hop et de ses membres qui s'improviseront chasseurs de skins (de tous les skins, pas que des boneheads) qui mettront un coup d'arrêt à la scène skinhead visible.

Hormis Paris, dans de grandes villes comme Bordeaux, Nantes, Marseille... le mouvement était représenté avec des zines comme Rude Boy (de Marseille) et plus tard Ko !Ko ! publié par Redboy Syndicate, ou encore le bulletin de la Nouvelle Action Communiste Révolutionnaire (Red Power) ; même s’il était impossible de prétendre qu’il existait une scène musicale de Skins antifafs (Ska et Oi !), il y avait une scène ultra-vivante de rock radikal dans laquelle se fondaient la plupart des Redskins (avec des groupes comme Bérurier Noir, les Brigades, Nuclear Device,...).

Les Brigades avaient disparu depuis bien longtemps... The Brigades (de Vlad, sur leur label "Rock Radical Records" dès 1981), qui deviendront plus tard les Informers étaient aussi peu impliqués dans la scène (red)skin que l'était Parabellum. Par contre, les skins apolitiques non-racistes se retrouvaient dans des initiatives comme les Gavroches (puis Herberts) avec Alteau S., le fanzine Black & Noir de Manu R. ou celui de Fred P. (également dans les Gavroches)

Pourtant, très peu étaient véritablement Marxistes. Certains étaient d’extrême-gauche, et la plupart Anarchistes, mais peu avaient adopté l’idée d’un Socialisme international. Les Redskins français n’écoutaient pas à proprement parler de musique Skin (Ska, Oi !) et l’un de leur groupe favoris était Nuclear Device, qui mixait habilement Ska, Reggae et Punk-rock (très influencé par les Clash). Mors aux Dents était un groupe Oi ! du sud de la France qui ne faisait aucun mystère de son affection pour Marx, même s’ils étaient totalement étrangers au Reds Occitania. Dire qu’ils se sont servi de bons modèles n’a rien de déplacé...

Les véritables révélations du mouvement skinhead communiste ont été la diffusion de reportages sur Kortatu dans Les Enfants du Rock, le port du t-shirt Redskins par François de Molodoi, l'article paru dans l'Express, et les concerts gérés par les autonomes.

Il y avait aussi une très bonne scène ska, mais les choses tournèrent vite à l’aigre, avec d’une part la présence des bones prêts à se battre et à créer des problèmes, ce qui détourna une bonne partie du public Alternatif, très peu enclin à supporter cette scène, et d’autre part la présence de nombreux apolitiques qui laissaient complaisamment les nazis tendre le bras.

Pas besoin d'être un bone pour boire de trop et foutre le bordel dans un concert ; la scène alternative était également violente. Certains apolitiques laissaient certains nazis tendre le bras ; d'autres ne les laissaient pas ; la plupart n'avaient pas le choix.

La plus grande partie du rock radikal mourut après le split des groupes phares que furent Nuclear Device, Berurier Noir, Parabellum. Rien ne se passa pendant 2 ans, les organisateurs de concerts refusant de programmer du ska.

Parabellum n'avait rien du tout d'un groupe radical !

Le "rock radikal", qui ne pourrait concerner qu'un très petit nombre de groupes, faisait en réalité partie du "rock alternatif", qui est bien mort à cette période.

Ce "rock radical" est en fait né au milieu des années 80, lorsque les "autonomes" commencèrent à organiser des concerts, principalement sur Paris et en Normandie. Les autonomes n'étaient pas skins à cette époque, même si certains d'entre eux l'avaient été auparavant. Militants de par leurs origines prolétaires ou immigrées, ils mettront sur pied une infrastructure légale, permettant aux groupes de tourner.

Côté musical, les personnes les plus influentes à insuffler la politique dans la scène, furent Marsu (ancien manager des Béru), et François-Hadji Lazzaro (chanteur des Garçons Bouchers, de Pigalle, accordéoniste des Carayos, PDG de Boucherie Productions, etc...). Si les armes de Marsu étaient plutôt les fanzines et la Jet Set bien pensante de Paris, le Gros François par contre sera pendant quelques années un homme de terrain. En effet le SO de Warhead (dont il fera partie pendant un moment) interdira physiquement l'entrée à certains concerts de quelques nazis identifiés.

En plus des groupes de François, les groupes anti-fascistes étaient plutôt Ludwig Von 88, Loran des Béru, Washington Dead Cats, Sherwood, Cafards, Cadavres, etc...

La fin du mouvement alternatif est en grande partie due à la démarche purement mercantile de certains leaders comme le Gros François, qui accompagné de groupes comme la Mano Negra se rapprocheront du grand public tout en s'éloignant irrémédiablement de leurs supporters et amis de la première heure. Parallèlement le milieu alternatif révélera divers comportements détestables, et de plusieurs groupes se feront escroquer par des labels comme Bondage (dont les Bérus) ou Gougnaf (dont les Red London).

Parallèlement à ce mouvement, qui était de moins en moins proche de l’esprit Skin originel, se développa une frange de Skins de gauche. Ainsi, le M.S.A.F (Mouvement des Skins Anti-Fascistes) qui s’illustra dans de nombreuses actions directes contre les naziskins (attaques de bars, contre-manifestations, destruction de commerces,...), mais sombra bien vite dans l’oubli.

Ce mouvement n'a jamais été proche de l'esprit skin, qu'il soit originel ou non ! Il était directement issu du punk pour Bérurier Noir et Parabellum. L'esprit redskin des Bérus n'est venu que bien tard, et s'est illustré par le port par François, d'un t-shirt du groupe musical redskins sur la pochette d'un maxi-45t.

En ce qui concerne le M.S.A.F, sa plus grande action directe contre les naziskins est probablement sa citation sur le site de Daffy Doc...

En 1990 naquit la première section du SHARP de Beauvais(sud de Paris) (zine ZERA), qui fut loin de faire l’unanimité, dans la mesure où ils laissèrent rentrer n’importe qui dans le groupe, voire même des bones. En réalité, ils n’étaient pas vraiment antiracistes.

Absolument pas. Pour commencer Beauvais est au NORD de Paris... Le SHARP français est bien né à Beauvais, mais dans la seconde moitié des années 80. Sylvain T., du fanzine Hard Times, a été le premier à revendiquer ce sigle. Le "Zine ZERA" n'a rien à voir avec ça. Il faut d'abord rappeler que Zéra était à l'origine le fanzine de Fabrice R. près de Moulins, et qu'il n'avait rien de sharp puisque Fabrice était un skin nationaliste. Zéra a été repris par Philippe W. et Laurence B. qui, numéro après numéro, ont pris une voie apolitique, puis anti-fasciste. Lorsqu'ils ont déménagé pour Beauvais, Sylvain T. avait raccroché ses Docs depuis bien longtemps. C'est en partie avec Vincent V. du fanzine "Un Monstre est en moi" et Flavien, ancien batteur des Herberts et rédacteur de "Kids on the Street", qu'il va, vers 1993 redonner un élan à la scène Beauvaisienne. En opposition aux jeunes Rac qui fonderont le groupe Asgard, les skins apolitiques s'allieront aux punk-hardcore de Beauvais et revendiqueront ouvertement leur position anti-fasciste.

Si Zéra ne faisait pas l'unanimité, ce n'est pas une question d'accepter ou non n'importe qui, mais par ce que Zéra, aussi bien le fanzine que son rédacteur, avait un passif proche de l'extrême droite. Les bones dont il peut être question pourraient être des potes (JNR ou skins politisés) de Philippe et des Beauvaisiens, qu'ils continuaient à fréquenter à l'occasion, bien que condamnant leur idéologie.

Les personnes dont il est question étaient bien anti-racistes à cette époque, et le sont toujours. Seulement elles ne l'ont pas toujours été.

En 1994, il y avait 3 sections SHARP en France, mais toutes coulèrent (excepté peut-être celle d’Angers). Aujourd’hui, il y a une scène antiraciste très dynamique, avec de très bons groupes de Ska : Skaferlatine, Kargols, Crazy Skankers,... le Ska a continué à trainer sa mauvaise réputation, mais petit à petit elle fait long feu, pour devenir une scène ouverte. De plus,  les nazis ne s’aventurent plus guère dans les concerts de Ska.

Très peu de nazis écoutent du ska en dehors de Madness, de Selecter et de quelques autres, il ne faut pas y voir une action de militants antiracistes...

La scène Redskin d’aujourd’hui est assez éloignée de celle des années 80. Les nouveaux groupes Redskins sont plus proches de l’esprit Skinhead, bien qu’ils ne laissent pas tomber les démonstrations violentes contre les nazis.

Parce qu'il n'y avait pas de scène redskin dans les années 80... Les groupes redskins sont plus proches de LEUR conception du mouvement skinhead, mais il n'a absolument rien à voir avec ce que la France a pu connaître depuis 1978.

A l’heure actuelle, le zine RED & SHARP RESISTANCE est publié par les Skins de Toulouse. Le nombre de Skazines et de Oi ! zines est réellement énorme.

Enorme... ça fait combien, une dizaine en France ? Ensuite, le SHARP est à dissocier des Reds, étant apolitique à l'origine.

En guise de conclusion, voici la définition d’un authentique Redskin  apparue dans Red Aktion :

« le Redskin est un nouveau style de militant, pour qui réflexion et action sont indissociables ».

Mais les skinheads n'ont jamais été des militants, et la réflexion est un vœu pieu, que tout (red)skin n'est pas en mesure de faire. Idem pour l'action.