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Il existe ci et là
quelques groupuscules néo-nazis boneheads organisés. Parmi eux, on trouve
les Hammer Skins ou encore Combat 18. |
Blood and Honour est un réseau fondé par des boneheads en rupture avec
le National Front ayant pour but l'unification du mouvement skin faf en Europe.
"Ce réseau tire son financement des ventes de CD, T-shirts, etc. Il publie le
magazine "Blood & Honour". Blood and Honour compte comme label des groupes
tels Chingford Attack, Celtic Warriors, Razors Edge, No Remorse (auteur d'un
CD interdit diffusé sous le titre "Barbecue in Rostock"), English Rose, et Squadron.
Ils sont également liés à l'American Resistance. Après la mort du chanteur de
Skrewdriver (Ian Stuart), coordinateur de ce réseau, C18 a pris en 1994 le contrôle
du réseau."
Combat 18 (C18 - 18 pour AH, Adolf Hitler) est un groupe terroriste
"essentiellement présent parmi les hooligans, surtout chez les Chelsea Headhunters.
Il publie un grand nombre de petits journaux dénonçants les militants de gauche
et les "ennemis de la race" : Redwatch, Putsch, The Order, Thorwald, Combat
18, The Stormer, The Scorpion. Ce groupe a multiplié les contacts internationaux
avec la mouvance bonehead à travers sa maison d'édition de disques, ISD. Fin
1996, C18 était en pleine déroute à cause de nombreuses poursuites judiciaires
pour conspiration et distribution de disques incitant à la haine raciale. En
1997, la direction du groupe a été remaniée après l'expulsion de Paul David
"Charlie" Sargent remplacé par William Browning."
Combat 18 a été le fait majeur de l'actualité raciste de 1997 en
Grande-Bretagne. En février, "des rumeurs ont commencé à circuler concernant
l'organisation d'une campagne de colis piégés. C'est en effet en février que la
police danoise a mis la main sur Thomas Nakaba, néo-nazi danois correspondant de
C18. Celui-ci leur a fourni les adresses de sept autres militants néo-nazis et
surtout celle d'une fabrique de bombes où la police a trouvé du matériel de
propagande de C18 et du British National Party (BNP) ainsi que des explosifs et
des colis piégés. Après ces arrestations, Marcel Schilf, autre activiste danois
s'est lui-même rendu à la justice. Ce spécialiste des explosifs était un des
correspondants de Combat 18 au Danemark. Il a été arrêté pour avoir fabriqué et
posté des colis (boïtes de cassettes vidéos piégées à la dynamite et au C4) à
destination d'autres militants néo-nazis. C'est au mois de septembre que le
procès contre trois néo-nazis, dont T. Nakaba, a débuté au Danemark et a mis en
lumière tout le plan élaboré par les dirigeants anglais de C18. C18, avec l'aide
du groupe suédois Fraternité Aryenne, avait planifié une campagne de colis
piégés. Ces colis envoyés de Suède étaient destinés en priorité à des membres de
groupes boneheads britanniques opposés à la stratégie terroriste de C18. Mais,
en fait, le premier de ces colis a été expédié au ministre suédois de la
justice. Au dos du colis figuraient les mots "Combat 18". Trois autres colis
destinés à des adresses en Grande-Bretagne ont été interceptés à Malmöe. Les
autres colis découverts l'ont été en Grande-Bretagne où la police avait mis en
garde les postes britanniques du risque de présence de colis piégés portant en
référence d'expéditeur Nordland."
(Les infos sur Blood
& Honour et C18 sont tirées du Rapport 1998 du CRIDA - Centre de recherche
d'information et de documentation antiraciste - BP 238 - 75 524 Paris cedex
11)

Un peu partout dans le
monde (Grande-Bretagne, USA, Allemagne, pays nordiques... ), on retrouve un
réseau de groupuscules boneheads appelés Hammerskins. Leur symbole est deux
marteaux croisés (crossed hammers). Ce symbole provient du film "The Wall" des
Pink Floyds (qui ne sont aucunement skinheads !) dans lequel le héros, leader
d'un groupe pop-rock devient un dictateur. Les marteaux croisés sont tirés de
la scène où une armée de crânes rasés défile. Les hammerskins se situent eux-mêmes
par rapport aux autres boneheads comme les SS vis-à-vis des SA. Ils se définissent
comme l'élite bonehead. En mai 1998, Arte leur a consacré un reportage, "Skin
or Die".
En France, ils sont regroupés sous le nom de CHS (Charlemagne Hammer Skins - du nom de la Division Charlemagne, division SS de la 2nde guerre mondiale composée de volontaires français).
La scène bonehead française présente actuellement un état de
décomposition avancée au regard de la situation dans les autres pays européens.
Non pas que la mouvance en elle-même ait disparu. On compte sans doute toujours
environ 600 boneheads se
revendiquant légitimement comme tels. Mais le niveau d'activité de la génération
actuelle est pitoyable à côté de celui de la génération précédente. Il demeure
d'ailleurs peu de représentants de celle-ci encore en service. D'une façon
générale, la durée de vie des fanzines ou des groupes n'a jamais été aussi
brève. Ultime Combat à Marseille aura duré six mois (2 numéros), Final Solution
à Toulouse un an (3 numéros), etc. Cette situation est en partie liée à la
faiblesse du milieu musical. La scène française compte peu de groupes stables,
susceptibles d'offrir un quelconque intérêt pour des interviewes, quel que soit
le style de musique, Oi! ou RAC : 9ème Panzer Symphonie (Essonne), Celtic Cross
(Bretagne), Elsass Korps (Alsace), Bagadou Stourm (Bretagne), Panzerjäger
(Nord), Durandal (Val d'Oise), ainsi que quelques groupes toulousains comme Sang
pour Sang, Chenin Blanc, ou Skuld. Une majeure partie de ces groupes est
d'ailleurs liée à "l'ancienne" génération. Par ailleurs, il est indéniable que
le mouvement a une foi moindre en lui-même, ce qui a conduit certains à se
reconvertir sur la scène Black Metal ou Hard Core. Pour autant des concert ont
lieu avec quelques endroits incontournables comme la région de Bourges,
Chartres, Limoges, Auxerre (avec l'association Bourgogne Rock), Lyon et les
Vosges / Alsace. Cette dernière région s'affirme de plus en plus comme l'espace
privilégié de développement de la culture bonehead. L'équipe de Poster Service à
Gerbeviller, le vivier bonehead de Gerardmer et les Alasaciens fournissent la
base suffisante à l'organisation de concerts réguliers et à un activisme
tranquille. La proximité de l'Allemagne est pour beaucoup dans cette situation.
Non seulement les caractéristiques du milieu sont les mêmes, en particulier du
point de vue de la ruralité, mais el voisin germanique fournit parfois une
partie du public des concerts alsaciens. Pour autant, le milieu vosgien
reproduit la même situation de division et de rivalités que l'on peut retrouver
n'importe où, malgré les appels incessants à l'unité et l'apparent soutien aux
prisonniers. Ce dernier point est d'ailleurs une source de querelle sans fin,
l'équipe de Blood and Honour accusant régulièrement les autres structures
s'occupant du soutien aux prisonniers (SP88 en Normandie ou Sang et Honneur à
Gerbeviller) de ne pas reverser l'argent collecté par le biais de la
distribution de CD et badges.
C'est donc une scène encore très largement marquée par l'amateurisme. La
musique White Power, le RAC (Rock against communism) est pourtant née en Angleterre
à la fin des années 1970, contribuant à politiser la mouvance skinhead grâce
aux éléments les plus radicaux du National Front. Mais la France n'a été que
tardivement touchée par le phénomène. Les structures de diffusion n'ont pas
de statut commercial et se rabattent sur le statut association loi 1901 ou sur
pas de statut du tout. La loi 1901 leur interdit en principe de faire des bénéfices
mais cette entrave est facilement contournable en salariant les membres de l'association.
Par ailleurs, le statut est très confortable du point de vue juridique. De fait,
la diffusion est composée comme suit :
- Une
majorité de petits catalogues de VPC liés le plus souvent à des fanzines ainsi
que des labels amateurs. Ces listes sont souvent crypto-NS mais il n'est pas
rare de les voir afficher un certain apolitisme, aussi bien dans les styles
musicaux que dans les opinions exprimées, même si la xénophobie est un référent
commun.
- L'émérgence de deux ou trois structures à vocation professionnelle.
Ces structures ne sont guère différentes des "amateurs" puisque c'est là aussi
de la VPC. Mais le matériel proposé montre une démarche de contact avec la scène
européenne. Outre Musique & tradition à Lyon qui distribue tous les styles
ou BoHa Rds en région parisienne, le principal label et catalogue est Pit Rds
dans l'Esonne. Fondé en 1994, le label n'a pas réellement de style privilégié,
ayant même été le premier à produire un groupe de RIF, l'inoxydable Vae Victis,
sur l'une de leur première compilation France Explosion. L'équipe est malgré
tout plutôt orientée Oi! et RAC et c'est sans doute la structure de diffusion la
plus liée aux productions étrangères White Power. Celles-ci constituent plus de
90% du catalogue avec quelques "grosses" pointures comme les américains de Bound
for Glory, les australiens de Fortress ou les italiens de Gesta Bellica. Il
était inévitable que ce développement suscite des rivalités et des jalousies,
que ce soit avec d'autres structures aux mêmes objectifs comme Memorial Rds ou
des groupes boneheads refusant cette dérive commerciale. C'est le cas d'une
partie des boneheads du Nord posant la question la plus simple qui soit : "Qui
tire tous les liens de ces groupes ? Les sous des concerts, maillots, qui en
bénéficie ? Depuis 20 ans tous ces gens se disant pour la race blanche,
qu'ont-ils fait de tout l'argent ramassé ? Ils se foutent du mouvement. Leur
porte-monnaie est plus important." Ce type de discours n'est pas sans rappeler
celui qui amena les CHS (Charlemagne Hammer Skins) à se rapprocher de la scène
Black Metal : "Tous ces habiles marchands sans scrupules au service de leur seul
et unique intérêt sont conscients des faiblesses morales du mouvement, ils sont
conscients que la scène skinhead est Le Havre de paix des pires matérialistes
[...]. L'artificielle extase de ces individus primaires est donc assurée au
mieux par des catalogues de plus en plus soignés autant en présentation qu'en
choix et leur offrant, moyennant des sommes majorées d'une énorme marge
bénéficiaire, les derniers gadgets dans le vent pour parfaire leurs panoplies de
nazis du dimanche."
Ce constat est bien sûr extensible à tout le commerce
White Power européen et nord-américain. Il suffit de consulter quelques
catalogues pour remarquer à quel point l'offre des babioles nazies s'est
étendue. La production et diffusion française fait heureusement pâle figure et
se limite à quelques structures. Le catalogue de Pit Rds est emblématique de
cette situation. Mis à part quelques pins ou T-shirts... Il faut sans doute y
voir la conséquence d'une législation répressive assez ferme de la part de
l'Etat français, contrairement à celle d'autres Etats comme la Belgique par
exemple. De la même façon, les boutiques directement gérées par des skinheads
sont rares depuis la disparition des magasins parisiens, du Chelsea au
Darklords. Elles se limitent à Cherbourg, Béthune et Saint-Omer, ou encore à
Limoges.
Cette situation générale du milieu nazi-skin est donc plutôt
encourageante et explique que la dizaine de RG travaillant à plein temps sur la
mouvance ne soit pas surchargée de travail. Même politiquement, le constat est
vite fait. Si le FN reste LA référence politique, c'est surtout parce que le DPS
continue de représenter un Eldorado potentiel, une structure amenant
reconnaissance et émoluments divers. L'enquête parlementaire sur le service de
sécurité du FN, pour aussi incomplète qu'elle soit, a montré succintement que la
mouvance bonehead était l'une des filières de recrutement en personnel motivé.
Les liens avec le MNR sont globalement inexistants et seul le GUD,
ponctuellement, en fonction des situations régionales, parvient à nouer quelques
contacts. C'est en particulier le cas à Lille ou Toulouse, mais la méfiance
reste latente. L'une des causes en est certainement l'importance des différences
sociales entre des gudards issus de la petite et moyenne bourgeoisie et des
skinheads à l'origine sociale modeste ou prolétaire. On est donc loin de la
grande période du PNFE, comprenant quelques dizaines de skinheads politisés. De
la même façon, les liens avec l'étranger sont minimes. Mis à part les contacts
musicaux, la scène française n'a que peu de relais avec les pays européens, à
l'exception des boneheads des régions frontalières, Nord et Alsace. Mais cela
reste lié à l'esprit d'ouverture des boneheads allemands ou belges. De ce point
de vue, la palme revient à ces derniers qui ont monté en moins de deux ans un
pôle musical efficace à Brugges avec le café De Kastelein. Organisant au moins
un concert de Oi! par mois, l'équipe du Kastelein se situe à la conluence
géographique et musicale de la scène bonehead nord-européenne. Cela rend encore
plus manifeste le contraste entre celle-ci et la scène française.
En Allemagne, la situation actuelle est essentiellement caractérisée par
le développement de Blood and Honour Germany. Sa croissance ces deux dernières
années est impressionante au point que cette culture nazi-skin a tendance à
devenir la culture unique dans certaines régions, rurales en particulier. Ce
dynamisme se traduit par la domination d'un look, d'un style de vie mais aussi
d'un concert tous les deux jours et d'une manifestation de rue par semaine. Cela
se traduit aussi par un volume de publications sans précédent. De fait, le
phénomène nazi-skinhead ne peut plus être considéré simplement comme une scène
mais comme un véritable mouvement qui a appuyé son développement sur l'émergence
d'un leadership solide, Blood & Honour. B&H compte environ 300 membres
et se reproduit sous forme de noyaux qui, à partir du moment où ils ont fait
scission, connaissent leur propre logique de développement. De fait la mouvance
B&H est bien plus large et peut s'appuyer sur un mouvement estimé à 10 000
membres. Les relais et la mobilisation se font grâce aux concerts et à
l'émergence de groupes musicaux à dimension nationale et internationale. Sur ce
socle musical, B&H a su greffer une construction politique. Cela a un rôle
énorme de socialisation politique dans les campagnes allemandes.
B&H est directement issu du mouvement de M.
Kühnen, néo-nazi décédé du sida il y a quelques années. Les cadres du mouvement
ont surtout amené sa dimension internationale à B&H. Cette émergence ne
s'est pas faite sans conflit avec les milieux politiques nationalistes mais
la force de B&H est de représenter une synthèse attrayante entre la musique
et la politique, donc d'être solidement implanté dans la jeunesse. B&H a
d'ailleurs à présent la capacité de résister à la répression et même à rebondir
dessus.
B&H étend maintenant son influence en direction de la scène
internationale, en particulier la Scandinavie, des hooligan mais aussi du Milieu
avec des trafics d'armes, de stupéfiants et d'anabolisants. Ces activités
criminelles ne sont pas nouvelles puisque déjà dans les années 1980 on avait
observé cette dérive avec le groupe Hoffmann (groupe nazi politico-maffieux
actif en Bavière à la fin des années 1970 et fondé par l'homme d'affaires
Hoffmann qui avait réussi à se créer une petite armée personnelle). Cependant,
même si cela a souvent tendance à initier une certaine dépolitisation, cela ne
change rien car la dangerosité augmente. Ainsi il semblerait que B&H
fournisse des armes aux hools néerlandais. En outre, la dépolitisation est toute
relative. Par ailleurs, la mouvance B&H s'assure une implantation
professionnelle dans les boîtes de tatoos et de sécurité.
En Scandinavie,
l'essor de la musique White Power a commencé en 1994 avec la création de NS 88
et NS Records. Des problèmes judiciaires ont amené la création de B&H
Scandinavia en 1997. Le développement énorme de cette structure nazi-skin a
poussé la police danoise à intervenir en août 1998. Cette action a permis la
saisie du fichier clients fort de presque 10 000 noms, dont 5200 allemands et
260 français. Cette émergence s'est traduit en 1999 par une poussée très forte
des activités terroristes nazies. La scène a malgré tout connu un contre-temps
avec la destruction volontaire par incendie du studio et d'une partie des
disques du groupe Ultima Thule.
En Grande-Bretagne, la place de Blood & Honour s'est maintenue au
sein de la scène internationale, essentiellement en raison de son passé mais
aussi en raison de la langue. Le phénomène nazi-skin demeure une mode en Grande-Bretagne
et les camarades antifa britanniques sont donc confrontés à une scène plus qu'à
un réel mouvement. 1996 a marqué une césure avec les premiers attentats de C18.
C'est l'aboutissement logique de l'évolution britannique et de la préparation
de la "guerre raciale" depuis 1992. De la même façon, la cration de ISD Records
(Ian Stuart Donaldson Records) est aussi une manifestation de cette évolution.
Le label produit 22 CD et a réalisé 20 000 £ de profit en 1999. Face à la répression,
ISD Rds s'est implanté en Scandinavie et a développé sa collaboration avec l'international,
en particulier la Serbie, l'Autriche et le nazi allemand Thorsten Heise. Cette
délocalisation n'a pas empêché le maintien des profits et des activités. Ainsi,
pour la dernière compilation produite par ISD Rds, les groupes sont anglais,
la production allemande, la diffusion suisse à partir du réseau de la confrérie
Hammer Skins et les relais de diffusion en Scandinavie, aux Pays-Bas, etc. Cependant
cette entrée d'argent a proviqué des divisions successives, exacerbées par la
répression. C18 est donc à présent en situation de fragilité. L'organisation
s'est fragmentée en petits groupes ou individus, prêts à n'importe quoi. David
Copeland et les attentats meurtriers qu'il a menés en sont une bonne illustration.
Quelques pays connaissent une
situation moins dramatique. Ainsi en Pologne, la scène bonehead a été erratique
jusque dans les années 1990. Les groupes étaient peu nombreux et présentaient
une situation de très grand amateurisme. A partir du début des années 1990 ont
émergé des structures de type professionnel copiées sur l'Allemagne. Cependant,
ce renforcement a plus porté sur la qualité que sur l'influence. Le premier
procès date de 1996 pour atteinte à la sûreté de l'Etat. Mais cela n'a pas
freiné la professionnalisation et d'une façon générale, on observe un très grand
laxisme de la part des autorités judiciaires. La scène skinhead s'appuie
pourtant sur environ 10 000 individus, une vingtaine de fanzines et la
production d'une soixantaine de CD et K7. Par ailleurs, les liens avec les
milieux politiques nationalistes se sont renforcés, an particulier avec les
nationalistes-révolutionnaires. Sur le plan international, la haine
traditionnelle entre les polonais et les allemands empêche des contacts suivis.
Par contre les liens sont importants avec la Grande-Bretagne et la France (les
groupes de RIF), ainsi que la Tchécoslovaquie et l'Ukraine.
De même aux Pays-bas, l'intérêt pour la musique dans les milieux
nationalistes date seulement des années 1990. Auparavant cela se portait plutôt
sur le football et le milieu hooligan. A partir de 1991, la scène skinhead s'intéresse
à ce qui se passe en Grande-Bretagne mais cela ne débouche pas réellement sur
l'émergence de groupes d'envergure nationale ou internationale, à part Landstorm.
En outre, le développement de la techno détourne une fraction de la jeunesse
de la scène skinhead. Cela se traduit à partir de 1995 par le développement
de la Gabber Music. Cette techno hardcore explose à Rotterdam et touche les
milieux populaires, au style de vie très rangé. Le phénomène s'appuie sur la
consommation de stupéfiants et sur un racisme virulent. Cette image bien réelle
de "musique blanche" pousse le mouvement CP86 à soutenir le mouvement mais ce
soutien trouve rapidement ses limites avec la condamnation de l'usage de drogues.
En outre, les jeunes Gabber refusent globalement un engagement militant plus
poussé. A partir de 1999, on voit donc réapparaître une scène skinhead avec
le renforcement de Nordisc (crée en 1995) et Viking Sounds. Les liens se sont
par ailleurs renforcés avec la Flandre, en particulier grâce à l'activisme des
nazi-skins de Brugges regroupés autour du fanzine Skinside et du café Kastelein.
Pour finir ce tour d'horizon
partiel, il faut franchie l'Atlantique et observer aux Etats-Unis ce qui
pourrait bien être le futur de la musique White Power en Europe si le mouvement
antifasciste ne réagit pas plus vigoureusement. Le principal label de musique
White Power y est Resistance Records. Il a été racheté par William Pierce, vieux
nazi de 88 ans et auteur de la bible raciste "Turner's Diaries". Le label compte
50 boîtes de diffusion et produit plus de 100 groupes de styles très variés. Il
participe donc totalement au mouvement "Nation Skinhead" qui existe
indépendamment de mouvements comme le KKK ou la White Aryan Resistance. Le
développement s'est fait à partir de 1993, Resistance Records étant lancé par le
mouvement nazi de l'Eglise du Créateur. C'était à l'origine un fanzine
s'appuyant sur 30000 abonnés. En 1997, l'Etat fédéral s'est attaqué à Resistance
Records sur le plan fiscal. La fraude du label a amené la confiscation de 50 000
CD et une amende de 60 000 $. W.Pierce l'a alors racheté. Son but est évidemment
un saut qualitatif dans le recrutement de la jeunesse avec le but revendiqué de
mener une révolution blanche. Resistance Records a organisé 10 gros concerts en
1999 et a passé un accord avec les autres boîtes de diffusion pour éviter une
guerre commerciale inutile. De fait, le label a un objectif financier tout aussi
important que la motivation politique. On reconnaît bien là le sens des affaires
yankee.
(Les infos sur la situation en France et en Europe sont issues du #1 de
REFLEXes (nouvelle série).)
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