Il existe ci et là quelques
groupuscules néo-nazis boneheads organisés. Parmi eux, on trouve les Hammer
Skins ou encore Combat 18.
Ces groupes boneheads ont actuellement en France un poids politique quasiment
nul. Cependant certains d'entre eux se développent dans tel ou tel secteur géographique
et peuvent contrôler certaines rues ou quartiers. Même si ces menaces ne sont
que très locales, elles ont tendances à croître. Il ne faut pas négliger ces
groupuscules qui fascinent de trop de nombreux jeunes. Ils sont de plus le révélateur
d'une tendance plus générale de l'opinion publique, d'un accroissement des idées
d'extrême-droite au sein de la population.
Alors vigilance antifasciste ! Ne leur laissons pas la rue ! Pas de liberté
pour les ennemis de la liberté ! Et souvenons-nous de l'Espagne de 1936, seule
une véritable alternative sociétaire anticapitaliste et autogestionnaire peut
faire face à la menace. Contre le fascisme : La Révolution sociale ! No pasaran,
pasaremos !
Blood and Honour est un réseau fondé par des boneheads en rupture avec le National Front ayant pour but l'unification du mouvement skin faf en Europe. "Ce réseau tire son financement des ventes de CD, T-shirts, etc. Il publie le magazine "Blood & Honour". Blood and Honour compte comme label des groupes tels Chingford Attack, Celtic Warriors, Razors Edge, No Remorse (auteur d'un CD interdit diffusé sous le titre "Barbecue in Rostock"), English Rose, et Squadron. Ils sont également liés à l'American Resistance. Après la mort du chanteur de Skrewdriver (Ian Stuart), coordinateur de ce réseau, C18 a pris en 1994 le contrôle du réseau."
Blood & Honour a été fondé à la suite du départ de Ian Stuart qui accusait le NF de l'avoir arnaqué. C18 n'a pas pris le contrôle du réseau, c'est une organisation à but terroriste qui a pensé trouver une source de financement dans la scène RAC, en profitant de la place laissée libre par Ian Stuart.
Combat 18 (C18 - 18 pour AH, Adolf Hitler) est un groupe terroriste "essentiellement
présent parmi les hooligans, surtout chez les Chelsea Headhunters. Il publie
un grand nombre de petits journaux dénonçants les militants de gauche et les
"ennemis de la race" : Redwatch, Putsch, The Order, Thorwald, Combat 18, The
Stormer, The Scorpion. Ce groupe a multiplié les contacts internationaux avec
la mouvance bonehead à travers sa maison d'édition de disques, ISD. Fin 1996,
C18 était en pleine déroute à cause de nombreuses poursuites judiciaires pour
conspiration et distribution de disques incitant à la haine raciale. En 1997,
la direction du groupe a été remaniée après l'expulsion de Paul David "Charlie"
Sargent remplacé par William Browning."
Combat 18 a été le fait majeur de l'actualité raciste de 1997 en Grande-Bretagne.
En février, "des rumeurs ont commencé à circuler concernant l'organisation d'une
campagne de colis piégés. C'est en effet en février que la police danoise a
mis la main sur Thomas Nakaba, néo-nazi danois correspondant de C18. Celui-ci
leur a fourni les adresses de sept autres militants néo-nazis et surtout celle
d'une fabrique de bombes où la police a trouvé du matériel de propagande de
C18 et du British National Party (BNP) ainsi que des explosifs et des colis
piégés. Après ces arrestations, Marcel Schilf, autre activiste danois s'est
lui-même rendu à la justice. Ce spécialiste des explosifs était un des correspondants
de Combat 18 au Danemark. Il a été arrêté pour avoir fabriqué et posté des colis
(boïtes de cassettes vidéos piégées à la dynamite et au C4) à destination d'autres
militants néo-nazis.
Pas seulement, des journalistes "traîtres à la race", selon leur conception des choses, en ont également reçu.
C'est au mois de septembre que le procès contre trois néo-nazis, dont T.
Nakaba, a débuté au Danemark et a mis en lumière tout le plan élaboré par les
dirigeants anglais de C18. C18, avec l'aide du groupe suédois Fraternité Aryenne,
avait planifié une campagne de colis piégés. Ces colis envoyés de Suède étaient
destinés en priorité à des membres de groupes boneheads britanniques opposés
à la stratégie terroriste de C18. Mais, en fait, le premier de ces colis a été
expédié au ministre suédois de la justice. Au dos du colis figuraient les mots
"Combat 18". Trois autres colis destinés à des adresses en Grande-Bretagne ont
été interceptés à Malmöe. Les autres colis découverts l'ont été en Grande-Bretagne
où la police avait mis en garde les postes britanniques du risque de présence
de colis piégés portant en référence d'expéditeur Nordland."
(Les infos sur Blood
& Honour et C18 sont tirées du Rapport 1998 du CRIDA - Centre de recherche
d'information et de documentation antiraciste - BP 238 - 75 524 Paris cedex
11)
Un peu partout dans le monde (Grande-Bretagne, USA, Allemagne, pays nordiques... ), on retrouve un réseau de groupuscules boneheads appelés Hammerskins. Leur symbole est deux marteaux croisés (crossed hammers). Ce symbole provient du film "The Wall" des Pink Floyds (qui ne sont aucunement skinheads !) dans lequel le héros, leader d'un groupe pop-rock devient un dictateur. Les marteaux croisés sont tirés de la scène où une armée de crânes rasés défile. Les hammerskins se situent eux-mêmes par rapport aux autres boneheads comme les SS vis-à-vis des SA. Ils se définissent comme l'élite bonehead. En mai 1998, Arte leur a consacré un reportage, "Skin or Die".
En France, ils sont regroupés sous le nom de CHS (Charlemagne Hammer Skins - du nom de la Division Charlemagne, division SS de la 2nde guerre mondiale composée de volontaires français).
L'une des causes en est certainement l'importance des différences sociales
entre des gudards issus de la petite et moyenne bourgeoisie et des skinheads
à l'origine sociale modeste ou prolétaire. On est donc loin de la grande
période du PNFE, comprenant quelques dizaines de skinheads politisés.
Près d'un millier de 1989 à 1991.
De la même façon, les liens avec l'étranger sont minimes. Mis à part les contacts musicaux, la scène française n'a que peu de relais avec les pays européens, à l'exception des boneheads des régions frontalières, Nord et Alsace. Mais cela reste lié à l'esprit d'ouverture des boneheads allemands ou belges. De ce point de vue, la palme revient à ces derniers qui ont monté en moins de deux ans un pôle musical efficace à Brugges avec le café De Kastelein. Organisant au moins un concert de Oi! par mois, l'équipe du Kastelein se situe à la conluence géographique et musicale de la scène bonehead nord-européenne. Cela rend encore plus manifeste le contraste entre celle-ci et la scène française.
De Kastelein fait des concerts Oi ou bonehead, il faudrait savoir ??? Les liens ne sont pas faibles, ils ont unilatéraux. La plupart des français s'intéressent à ce qui se passe à l'étranger, alors que les non-francophones ne veulent pas écouter de groupes dont ils ne comprennent pas les paroles, c'est la même chose pour toutes les scènes.
C18 est donc à présent en situation de fragilité. L'organisation s'est fragmentée en petits groupes ou individus, prêts à n'importe quoi. David Copeland et les attentats meurtriers qu'il a menés en sont une bonne illustration.
David Copeland n'était pas lié à ces groupuscules d'extrême droite, les abrutis de C18 ont revendiqué ses attentats pour se faire de la pub, sans même le connaître.